8 juin 2017

Les communautés résidant sur le littoral et les îles de faible altitude sont parmi les plus vulnérables du monde face aux changements globaux. En outre, elles disposent de peu d’outils d’information et de communication pour espérer pouvoir mobiliser prochainement les moyens nécessaires pour atténuer ces changements et s’adapter. Pour cette raison, il semble urgent de développer des outils et des espaces d’échanges et de débats innovants permettant d’améliorer la gestion des impacts liés aux changements globaux dans ces zones particulièrement vulnérables, mais aussi de mettre en avant les connaissances traditionnelles en matière de résilience à ces changements. l’Océanie est aujourd’hui le continent le plus impacté par les conséquences directes des changements environnementaux et du réchauffement climatique.

C’est à travers le Projet e-PoP (Petites Ondes Participatives), premier réseau transmédia participatif pour la préservation des milieux insulaires et côtiers, qu’une nouvelle collaboration avec la communauté scientifique de l’IRD – Institut de Recherche pour le Développement, et la Fondation TARA Expéditions prend aujourd’hui forme, en partenariat notamment avec l’OIF et l’Université du Pacifique Sud (USP). Une première mission exploratoire dans la zone pacifique s’est déroulée en juin 2016. Un an plus tard, après la Nouvelle Calédonie, la Nouvelle Zélande et le Vanuatu, c’est désormais autour de Fidji, de l’Australie et des Iles Salomon, que les ePopers issus de ces six pays sont venus alimenter à Suva, cette initiative participative et engagée. Concrètement, ePoP est un réseau international de jeunes qui réalisent des capsules audiovisuelles pour saisir le ressenti des populations locales face aux conséquences concrètes du réchauffement climatique. Recueillir les sentiments, et les interrogations des anciennes générations, souvent des proches ou des membres de leurs familles d’ailleurs, pour disposer de confessions sincères, puis questionner le monde scientifique pour les pousser à apporter des réponses compréhensibles aux sentiments émis par ces anciens qui ont vu le changement de leurs yeux, et vivent avec au quotidien. Il y a une véritable approche humaniste et intergénérationnelle dans la démarche. Elle met aussi en avant une volonté de nourrir les archives du patrimoine immatériel de l’humanité pour ce continent, qui est déjà le plus impacté par le changement climatique.

Quand la communauté scientifique et la société civile se mettent à la portée des savoirs ancestraux et que ces derniers viennent naturellement nourrir les travaux des chercheurs, se crée alors une dynamique de partage, et de valorisation des connaissances globales. Un sentiment humain propre aux citoyens du monde.